Handball. Les Louves du Hainaut s’apprêtent à entrer dans une nouvelle dimension. Après une saison exceptionnelle en Ligue Butagaz Énergie (LBE), le Saint-Amand Handball va découvrir pour la toute première fois la ferveur de la Coupe d’Europe, les 3 et 10 octobre prochains. À l’aube d’un défi majuscule qui les attend face aux Hongroises de Vác (Váci NKSE), le SAHPH veut avant tout savourer cette qualification historique en EHF European League.

C’est le genre de trajectoire qui donne tout son sel au sport féminin. Qui aurait cru que la petite ville de Saint-Amand-les-Eaux s’inviterait à la table des puissances continentales ? Pensionnaire solide de la Ligue Butagaz Énergie (LBE), le Saint-Amand Handball Porte du Hainaut s’apprête à écrire la page la plus prestigieuse de son histoire. Avec à la clé, une toute première participation en Coupe d’Europe.

Pour les Nordistes, cette qualification européenne ce n’est pas qu’un simple exploit sportif ; c’est le couronnement d’un travail acharné qui dépasse les limites du parquet. C’est l’histoire d’une ville qui vit au rythme de son équipe. Entre ambition, humilité et ferveur locale, c’est un défi XXL qui attend les Louves.

Une épopée avant tout humaine pour une « petite ville »

« On a vécu une saison extraordinaire », rappelle d’emblée la technicienne du SAHPH Edina Szabó, à l’occasion de la conférence de rentrée de la Ligue féminine de handball (LFH). Tout en prenant soin d’y associer tout le travail de l’ombre de son staff. « On l’a bien fêtée et on a partagé ça avec tous les habitants de Saint-Amand. Pour une petite ville, c’était vraiment exceptionnel et extraordinaire humainement ».

Mais dans le sport de haut niveau, pas le temps de s’endormir sur ses lauriers. Pour préparer cette saison historique, il a fallu analyser à froid « pourquoi on est arrivé là ». Face à un calendrier qui s’annonce dantesque, avec l’intégration des rencontres européennes, la pré-saison a dû être totalement repensée. « On s’est vite remis au travail. On a fait une préparation très différente parce que c’était très court par rapport aux circonstances », précise -t-elle.

Le défi hongrois : un clin d’œil du destin

Le tirage au sort de l’EHF European League n’a pas épargné les Nordistes. Pour ce deuxième tour de qualification, les Amandinoises croiseront la route du club hongrois de Vác (Váci NKSE) les 3 et 10 octobre prochains. Un véritable clin d’œil du destin pour Edina Szabó (ancienne manager de l’équipe nationale hongroise), qui connaît parfaitement l’intensité et la rudesse du handball magyar.

Lucide sur la montagne qui se dresse face à elles, la coache nordiste ne verse pas dans l’euphorie démesurée. « On va jouer contre une équipe hongroise… Ça va être très, très difficile pour nous de passer le premier tour. Nous, on reste avec beaucoup d’humilité. On va essayer de passer ce tour et de savourer notre première édition en Coupe d’Europe », résume-t-elle.

La LBE comme socle, l’Europe comme dessert

Si les lumières de l’Europe attirent inévitablement les regards et excitent les supporters, Edina Szabó se veut pragmatique : l’objectif absolu reste le championnat (LBE). L’effet « Coupe d’Europe » ne doit en aucun cas devenir un fardeau, mais plutôt servir de moteur dynamique pour asseoir la légitimité du club au niveau national.

« J’espère surtout que ça va faire de l’effet pour notre premier match en championnat. Chaque chose en son temps, insiste-t-elle. C’est très difficile de refaire des exploits, il faut avoir beaucoup de stabilité pour le faire, c’est notre objectif de stabiliser ce qu’on a fait ».

Une stabilité qu’il faudra continuer à conserver sur cet exercice 2026-2027. Ce qui n’est pas une chose si simple à faire. Depuis le début de la saison, les Nordistes restent sur deux victoires et deux défaites dont la dernière en date face à Besançon, juste avant la trêve internationale. Un moment qu’il faudra mettre à profit pour préparer au mieux cette double confrontation continentale.

La ville, comme 8e joueuse

Consciente qu’une aventure européenne se gagne autant dans les tribunes que sur le terrain, elle lance un vibrant appel au public amandinois pour qu’il soit le huitième joueur de l’équipe cette saison. « J’espère que la ville va pouvoir nous pousser à être performantes en championnat, pour après pouvoir profiter de la Coupe d’Europe. Les deux sont très liés », espère-t-elle.

Le message est clair : pour franchir ce cap historique, les Louves du Hainaut auront besoin de leur meute. Si la tâche s’annonce immense, l’appétit de Saint-Amand semble, lui, insatiable. Rendez-vous sur les parquets pour une saison qui promet déjà des étincelles !