Handball. À l’origine du rapprochement entre la MSD Chartres Handball et le CHB Auneau, Maher Enneftni, président de la Madeleine Sports et Détente Omnisports, revient sur la naissance d’un projet qui a permis à l’équipe féminine d’accéder à la Nationale 3 dès sa première saison. Formation, identité commune, engagement des dirigeantes et ambition sportive : il défend une vision dans laquelle la réussite se construit autant sur le terrain que dans l’attachement au maillot.
Maher , pourquoi avoir décidé de rapprocher la MSD Chartres Handball et le CHB Auneau ?
L’histoire est assez simple. En Eure-et-Loir, nous avions à Auneau un pôle fort de formation des jeunes joueuses dès leur plus jeune âge. De son côté, Chartres disposait d’infrastructures et de moyens plus importants. Comme nous partageons le même amour du handball, nous avions conscience que, seuls, les deux clubs ne pourraient pas franchir ce cap. Nous avons décidé de mutualiser nos forces pour aller le plus loin possible et construire un projet cohérent pour le handball féminin dans le département.
L’idée était donc de réunir deux compétences complémentaires plutôt que de simplement rapprocher deux équipes ?
Exactement. À Auneau, nous connaissions la qualité du travail réalisé dans la formation. À Chartres, nous avions la possibilité d’accompagner cette progression grâce à nos infrastructures et à nos moyens financiers. Tout le monde partageait ce constat. Il fallait simplement mettre nos forces en commun et avancer dans la même direction.
Dès la première saison, cette union se concrétise par une accession en Nationale 3. Est-ce une satisfaction pour vous ?
Bien sûr ! Cette accession vient concrétiser toutes nos espérances sur le projet. Elle récompense le travail réalisé et confirme que nous avons fait les bons choix. Sportivement, la qualité de l’effectif a été déterminante. L’encadrement a également joué un rôle important, avec Camille Marie et Emmanuel Ruelle, qui sont complémentaires et mettent leurs compétences au service de l’équipe. Ce n n’est qu’un début. Nous voulons aller plus loin et nous avons réellement l’ambition de faire monter cette équipe de plusieurs niveaux.
« Nous voulons construire quelque chose qui dure, avec des personnes qui aiment ce maillot, qui aiment leur club et qui ont envie de défendre un projet commun. »
Au-delà des résultats, comment faire de cette entente un véritable club, avec une identité commune ?
C’est essentiel. Aujourd’hui, dans les esprits, nous sommes quasiment un seul et même club. Ce qui me fait plaisir, c’est de voir dans les tribunes des personnes venues d’Auneau, de Chartres et de tout le département. Ce sont des amoureux du handball qui se retrouvent autour de cette équipe. Nous voulons construire quelque chose qui dure, avec des personnes qui aiment ce maillot, qui aiment leur club et qui ont envie de défendre un projet commun. Les résultats sont importants, évidemment, mais l’identité et l’attachement au club le sont tout autant.
Justement, Camille Canazza incarne assez bien cette identité. Présidente du CHB Auneau, elle a aussi participé à l’accession en N3 et continue aujourd’hui à jouer avec la réserve. Est-ce le type d’engagement que vous souhaitez encourager ?
C’est effectivement un bel exemple de ce que nous voulons construire. Nous voulons des personnes qui vivent leur club, qui s’y investissent et qui continuent à faire vivre ses couleurs. Camille Canazza, qui a participé à cette accession sur le terrain, poursuit aujourd’hui avec la réserve, tout en étant présidente du CHB Auneau. Cela illustre bien le lien que nous souhaitons préserver entre l’engagement associatif et la pratique sportive. Le projet ne doit pas se limiter à l’équipe première. Il doit permettre à chacune de trouver sa place et de continuer à pratiquer, tout en contribuant à la vie du collectif.
Les deux clubs sont également présidés par des femmes, avec Camille Canazza à Auneau et Vanessa Leclerc à la MSD Chartres Handball. Quelle place cette gouvernance occupe-t-elle dans le projet ?
Les deux présidentes s’entendent très bien et c’est important. mon rôle, en tant que dirigeants de l’omnisports, est de leur faciliter la vie et de leur permettre de faire avancer le projet dans les meilleures conditions. Cette bonne entente se ressent dans le fonctionnement des clubs et sur le terrain. Tout le monde travaille dans le même sens.
Vous insistez sur la formation. Souhaitez-vous que l’équipe première soit, à terme, majoritairement composée de joueuses formées au club ?
C’est clairement notre objectif. Nous voulons que le noyau dur de l’équipe soit constitué, année après année, de jeunes joueuses du club. Des filles qui aiment ce maillot, qui ont une histoire avec leur club et qui ont suivi un véritable parcours de formation. Nous pourrons toujours recruter une ou deux pépites pour renforcer l’effectif, mais ce n’est pas la philosophie principale de l’entente. Nous voulons permettre aux jeunes joueuses de progresser dans toutes les catégories et de pouvoir, un jour, évoluer au niveau senior avec notre équipe première
« Je souhaite laisser une trace humaine. Celle de deux clubs qui font partie du même territoire et qui ont réussi à créer ensemble une équipe, un projet et des résultats extraordinaires. »
Pour accompagner cette ambition, vous souhaitez aussi mobiliser davantage les entreprises locales. Pourquoi est-ce devenu un enjeu important ?
Nous bénéficions du soutien de la Ville, qui est évidemment essentiel. Mais nous voulons maintenant faire adhérer le tissu économique chartrain à notre projet et développer les partenariats privés.Si nous voulons aller plus loin et nous professionnaliser davantage, nous devons nous donner les moyens de nos ambitions. Cela passe notamment par les entreprises, qui peuvent nous aider à consolider notre structure et à accompagner notre progression sportive.
Jusqu’où souhaitez-vous emmener cette équipe dans les prochaines années ?
Si je dois donner une perspective à cinq ans, c’est de continuer à monter. Si demain on est en D2, je signe tout de suite ! Nous savons tous que, dans le handball féminin, les choses peuvent aller très vite. Nous avons des compétences sur le plan structurel, des entraîneurs de qualité et des infrastructures adaptées. Il faut maintenant continuer à travailler et se donner les moyens de réussir.
Enfin, quel héritage aimeriez-vous laisser au handball féminin eurélien à travers ce rapprochement ?
Je souhaite laisser une trace humaine. Celle de deux clubs qui font partie du même territoire et qui ont réussi à créer ensemble une équipe, un projet et des résultats extraordinaires.. Au-delà des divisions et des performances, j’aimerais que l’on retienne cette capacité à unir nos forces, à faire grandir nos joueuses et à construire une histoire commune. C’est cela, pour moi, la véritable réussite de ce projet.


