Football. A seulement 21 ans, la jeune défenseure Lou Bogaert poursuit une trajectoire exceptionnelle au plus haut niveau au sein du Paris FC et de l’équipe de France. Portée par un indéniable talent brut et un travail acharné, elle espère bien participer au tout premier titre du PFC en Arkema Première Ligue, ce vendredi soir au Parc OL.
L’heure de l’affrontement ultime a sonné. Alors que la France du football féminin retient son souffle avant la grande finale d’Arkema Première Ligue opposant le Paris FC à l’ogre de l’Olympique Lyonnais, le club francilien sait qu’il aura besoin de toutes ses forces vives pour soulever le trophée. Sur le flanc gauche de la défense parisienne, une joueuse compte bien faire des étincelles et déjouer les pronostics lors de ce choc décisif : une certaine Lou Bogaert.
Elle incarne la rélève, la détermination et l’avenir du football féminin français. Défenseure incontournable du Paris FC et fraîchement capée avec les Bleues lors de l’Euro 2025, Lou Bogaert vit une ascension express. A l’aube d’une carrière qui s’annonce brillante, Ladies Sports braque ses projecteurs sur cette pépite nordiste au pied gauche ravageur, dont la force puise sa source dans un entourage indéfectible.
Le football, une histoire de famille
Née le 25 juin 2004 à Villeneuve-d’Ascq, Lou Bogaert grandit avec un ballon dans les pieds. Préférant jouer aux petites voitures plutôt qu’aux poupées, elle s’initie au football dès l’âge de 6 ans à l’US Lesquin pour suivre les traces de son grand frère.
Mais c’est une figure féminine qui va lui donner le déclic. Dans un entretien accordé à la Fédération française de football (FFF), elle se souvient de l’entraîneure de son frère : « Elle n’arrêtait pas de me dire : « Allez, viens taper dans le ballon toi aussi ! », et rapidement j’y ai pris goût ».
Si ses parents tentent d’abord de l’orienter vers la danse, Lou a déjà choisi son terrain d’expression. Le soutien de sa famille devient alors le pilier central de sa jeune carrière. Son père, passionné, n’hésite pas à analyser ses matches avec elle, et sa famille la suit partout, que ce soit à Londres pour la Coupe d’Europe ou au Costa Rica pour le Mondial U20. « Ils sont très présents pour moi, tout comme mon frère. C’est une grande chance d’avoir un environnement aussi sain autour de moi », confie-t-elle avec gratitude à la FFF.
De Wasquehal au sacre avec le Paris FC
Le tournant vers le professionnalisme s’opère lorsqu’elle intègre le club de Wasquehal. C’est à ce moment-là qu’elle annonce à son père son ambition d’aller le plus loin possible. Ce dernier lui donne un conseil précieux : « Il m’a répondu qu’il fallait travailler dur pour atteindre ses objectifs, ce que j’ai essayé de faire et me voilà aujourd’hui ».
En 2017, la latérale gauche rejoint le centre de formation du LOSC, où elle fait ses armes et dispute 15 matches en D2 lors de la saison 2021-2022. Son profil explosif attire les regards de l’élite. En juillet 2022, elle signe au Paris FC et s’impose rapidement. Son abnégation est récompensée en mai 2025 avec la victoire en Coupe de France face au PSG. Une victoire d’autant plus symbolique qu’elle a lieu à Calais, sur ses terres natales. « C’était chez moi, dans le Nord […]. Un premier titre, ça ne s’oublie pas », se souvenait-elle sur le site internet de la FFF. Preuve de son importance capitale dans l’effectif francilien pour les années à venir, le Paris FC a récemment prolongé son contrat jusqu’en juin 2027.
Lou Bogaert un mental d’acier
Passée par toutes les sélections jeunes, Lou Bogaert franchit le cap ultime en octobre 2024 en étant appelée pour la première fois en équipe de France A, une nouvelle qu’elle a apprise au téléphone par sa coéquipière Kessya Bussy. L’été dernier, elle a même disputé sa première grande compétition internationale avec les Bleues lors de l’Euro 2025.
Sur le terrain, Lou Bogaert se distingue par un grand volume de jeu, une excellente qualité de centre et un sens de l’anticipation redoutable. Ce qu’elle considère elle-même comme son atout numéro un. Admiratrice du jeu de Marcelo, elle s’inspire également de joueuses évoluant à son poste : « J’ai toujours été bluffée par Sakina (Karchaoui) », précise-t-elle.
Moderne sur le terrain, « Loulou » (son surnom dans les vestiaires) se décrit dans la vie comme joviale, sincère et généreuse, avec un mental à toute épreuve. Lorsqu’on lui demande quelle est sa plus grande fierté aujourd’hui, sa réponse est à l’image de son parcours, humble et ancrée : « Rendre fière ma famille ». Ce qu’elle espère réaliser ce vendredi soir au Groupama Stadium de Lyon.


