Alyssia Bataille prend date pour l’avenir

Tennis de table.. À l’heure où le sport féminin cherche sans cesse de nouveaux modèles, le tennis de table français tient peut-être sa future pépite. À seulement 10 ans, Alyssia Bataille redéfinit les standards de l’exigence et de la précocité.

Alors que la plupart des écoliers attendent la sonnerie de fin des cours, Alyssia est déjà sur les terrains du tennis de table. Depuis son enfance, cette jeune athlète bénéficie d’un emploi du temps scolaire aménagé, lui permettant de quitter l’école à 15 heures, pour se consacrer à un volume d’entraînement oscillant entre 15 et 20 heures par semaine. Une rigueur digne des professionnelles qui porte ses fruits. Aujourd’hui , elle est la solide numéro 1 française de sa catégorie d’âge.

Il y a quelques semaines, Alyssia a confirmé sa suprématie en étant sacrée Championne de France des moins de 11 ans. Un triomphe absolu puisqu’elle a remporté l’épreuve en simple ainsi qu’en double. Plus impressionnant encore, elle avait déjà réalisé ce même doublé l’année précédente, alors qu’elle n’était qu’en première année de sa catégorie, un exploit rarissime. À ce tableau de chasse vertigineux s’ajoutent une médaille d’or aux championnats de France par région avec l’équipe des Hauts-de-France et une victoire au prestigieux Top 16 national.

Le 7 juin, au WTT d’Helsingborg où elle a défendu les couleurs de l’équipe de France, elle a remporté le championnat dans la catégorie U13 et a terminé deuxième de sa poule un U15 avant d’être battue en huitièmes de finale. Autant dire que c’est un trophée de plus dans l’armoire de la jeune fille.

Au-delà des médailles, c’est l’attitude de la jeune athlète qui marque les esprits. Décrite comme extrêmement volontaire, perfectionniste et tonique, elle possède une sainte horreur de la défaite. À la table, sa concentration et sa détermination sont telles qu’elle parvient souvent à intimider ses adversaires avant même le début de l’échange. Son gabarit, supérieur d’une dizaine de centimètres à la moyenne des filles de son âge, est un atout athlétique supplémentaire qu’elle exploite pleinement.

L’évolution d’Alyssia ne doit rien au hasard. Elle s’inscrit dans un projet sportif structuré et familial. Baignant dans les salles de ping-pong depuis sa plus tendre enfance auprès de parents pongistes, elle s’entraîne aujourd’hui au club de l’ERS avec sa grande sœur Louane, âgée de 16 ans.

Direction le CREPS de Wattignies pour Alyssia Bataille

Surtout, elle est suivie de près par Nicolas Baudoux, un entraîneur professionnel dont la philosophie est fortement axée sur le développement du ping-pong féminin (ayant par le passé formé des championnes dans d’autres structures). Cette approche spécifique se traduit par des choix stratégiques forts pour la faire progresser, Mais ce dernier ne tarit pas d’éloges pour sa protégée. Alyssia évolue ainsi en Nationale 1 avec les Dames, et n’hésite pas à se mesurer à des hommes en Régionale 2.

Pour préserver son intégrité physique dans ce rythme effréné, rien n’est laissé au hasard. La préparation physique est intégrée aux séances, et un suivi kinésithérapeutique bihebdomadaire (soins et gainage préventif) assure la protection de ses articulations, notamment au niveau de l’épaule. Dès septembre, elle franchira un nouveau cap en intégrant le pôle espoir du CREPS de Wattignies en tant qu’interne.

Réussir à financer son projet sportif

Cependant, le talent et la rigueur ne suffisent pas toujours, et le parcours d’Alyssia met en exergue la réalité économique complexe du sport de haut niveau, particulièrement chez les jeunes filles. Le budget annuel nécessaire pour soutenir sa progression est estimé entre 40 000 et 45 000 euros.

Ces coûts vertigineux englobent :

  • La rémunération de son entraîneur privé lors des compétitions, indispensable pour lui garantir un suivi exclusif.
  • Les déplacements à l’étranger coûtent entre 1 000 et 1 500 euros chacun. Le passage imminent à la catégorie des moins de 13 ans, où la concurrence européenne s’intensifie, rend ces sorties cruciales.
  • L‘achat de 3 à 4 paires de chaussures par an et de changer les revêtements de sa raquette 8 à 9 fois par saison.

Pour faire face à cette charge financière et permettre à Alyssia de poursuivre son rêve sereinement, sa famille a fondé une association visant à rassembler des mécènes. Un soutien fondamental à l’aube de nouveaux défis qui attendent la jeune prodige du tennis de table.

Lou Bogaert, l’ascension fulgurante d’une nouvelle étoile au Paris FC

Football. A seulement 21 ans, la jeune défenseure Lou Bogaert poursuit une trajectoire exceptionnelle au plus haut niveau au sein du Paris FC et de l’équipe de France. Portée par un indéniable talent brut et un travail acharné, elle espère bien participer au tout premier titre du PFC en Arkema Première Ligue, ce vendredi soir au Parc OL.

L’heure de l’affrontement ultime a sonné. Alors que la France du football féminin retient son souffle avant la grande finale d’Arkema Première Ligue opposant le Paris FC à l’ogre de l’Olympique Lyonnais, le club francilien sait qu’il aura besoin de toutes ses forces vives pour soulever le trophée. Sur le flanc gauche de la défense parisienne, une joueuse compte bien faire des étincelles et déjouer les pronostics lors de ce choc décisif : une certaine Lou Bogaert.

Elle incarne la rélève, la détermination et l’avenir du football féminin français. Défenseure incontournable du Paris FC et fraîchement capée avec les Bleues lors de l’Euro 2025, Lou Bogaert vit une ascension express. A l’aube d’une carrière qui s’annonce brillante, Ladies Sports braque ses projecteurs sur cette pépite nordiste au pied gauche ravageur, dont la force puise sa source dans un entourage indéfectible.

Le football, une histoire de famille

Née le 25 juin 2004 à Villeneuve-d’Ascq, Lou Bogaert grandit avec un ballon dans les pieds. Préférant jouer aux petites voitures plutôt qu’aux poupées, elle s’initie au football dès l’âge de 6 ans à l’US Lesquin pour suivre les traces de son grand frère.

Mais c’est une figure féminine qui va lui donner le déclic. Dans un entretien accordé à la Fédération française de football (FFF), elle se souvient de l’entraîneure de son frère : « Elle n’arrêtait pas de me dire : « Allez, viens taper dans le ballon toi aussi ! », et rapidement j’y ai pris goût ».

Si ses parents tentent d’abord de l’orienter vers la danse, Lou a déjà choisi son terrain d’expression. Le soutien de sa famille devient alors le pilier central de sa jeune carrière. Son père, passionné, n’hésite pas à analyser ses matches avec elle, et sa famille la suit partout, que ce soit à Londres pour la Coupe d’Europe ou au Costa Rica pour le Mondial U20. « Ils sont très présents pour moi, tout comme mon frère. C’est une grande chance d’avoir un environnement aussi sain autour de moi », confie-t-elle avec gratitude à la FFF.

De Wasquehal au sacre avec le Paris FC

Le tournant vers le professionnalisme s’opère lorsqu’elle intègre le club de Wasquehal. C’est à ce moment-là qu’elle annonce à son père son ambition d’aller le plus loin possible. Ce dernier lui donne un conseil précieux : « Il m’a répondu qu’il fallait travailler dur pour atteindre ses objectifs, ce que j’ai essayé de faire et me voilà aujourd’hui ».

En 2017, la latérale gauche rejoint le centre de formation du LOSC, où elle fait ses armes et dispute 15 matches en D2 lors de la saison 2021-2022. Son profil explosif attire les regards de l’élite. En juillet 2022, elle signe au Paris FC et s’impose rapidement. Son abnégation est récompensée en mai 2025 avec la victoire en Coupe de France face au PSG. Une victoire d’autant plus symbolique qu’elle a lieu à Calais, sur ses terres natales. « C’était chez moi, dans le Nord […]. Un premier titre, ça ne s’oublie pas », se souvenait-elle sur le site internet de la FFF. Preuve de son importance capitale dans l’effectif francilien pour les années à venir, le Paris FC a récemment prolongé son contrat jusqu’en juin 2027.

Lou Bogaert un mental d’acier

Passée par toutes les sélections jeunes, Lou Bogaert franchit le cap ultime en octobre 2024 en étant appelée pour la première fois en équipe de France A, une nouvelle qu’elle a apprise au téléphone par sa coéquipière Kessya Bussy. L’été dernier, elle a même disputé sa première grande compétition internationale avec les Bleues lors de l’Euro 2025.

Sur le terrain, Lou Bogaert se distingue par un grand volume de jeu, une excellente qualité de centre et un sens de l’anticipation redoutable. Ce qu’elle considère elle-même comme son atout numéro un. Admiratrice du jeu de Marcelo, elle s’inspire également de joueuses évoluant à son poste : « J’ai toujours été bluffée par Sakina (Karchaoui) », précise-t-elle.

Moderne sur le terrain, « Loulou » (son surnom dans les vestiaires) se décrit dans la vie comme joviale, sincère et généreuse, avec un mental à toute épreuve. Lorsqu’on lui demande quelle est sa plus grande fierté aujourd’hui, sa réponse est à l’image de son parcours, humble et ancrée : « Rendre fière ma famille ». Ce qu’elle espère réaliser ce vendredi soir au Groupama Stadium de Lyon.

Un premier trophée pour Clara Matéo

Football. Avec 52,91 % des voix, Clara Mateo a été élue joueuse du mois de septembre en Arkema Première Ligue. L’attaquante parisienne a devancé la Havraise Chancelle Effa Effa (25,62 %) et la Strasbourgeoise Inès Konan (21,46 %). L’avant-centre de l’équipe de France a reçu son trophée ce samedi 18 octobre avant le coup d’envoi du match entre le Paris FC et l’Olympique de Marseille (6-1), comptant pour le cinquième journée du championnat.

Sacrée meilleure joueuse du championnat, après ceux de meilleure buteuse et passeuse, et présente au 27e rang du dernier Ballon d’Or; Clara Matéo n’en finit plus de rafler les récompenses. L’attaquante du Paris FC a été élue joueuse du mois de septembre en Arkema Première Ligue. L’avant-centre des Bleues a reçu son trophée, ce samedi avant le coup d’envoi du match entre le Paris FC et l’Olympique de Marseille remporté 6-1.

 Clara Matéo aura tué le game rapidement. En tête des votes sur les réseaux sociaux du championnat, la Parisienne n’a laissé aucune chance à ses deux rivales. Avec 52,91 % des voix, la Havraise Chancelle Effa Effa (2e avec 25,62 % des suffrages exprimés) et la Strasbourgeoise Inès Konan (3e avec 21,46 % des votes) doivent s’incliner logiquement face à la joueuse du Paris FC.

Et sur le terrain, celle qui figure dans la liste des vingt-six Bleues retenues par le sélectionneur de l’équipe de France Laurent Bonadei pour affronter l’Allemagne, les 24 et 28 octobre en demi-finales de la Ligue des Nations, a participé activement à cette belle victoire de son équipe face à l’Olympique de Marseille (6-1), en étant à l’origine du premier et du sixième but et en inscrivant le deuxième. Avec une telle joueuse, le club de la capitale pourra voir loin cette saison sur la scène nationale et européenne.

Orane Brouillet reste au contact des Jeux

Portrait. Née avec une paralysie cérébrale à l’âge de six mois et demi, Orane Brouillet savait que l’ensemble de son corps serait touché et qu’elle devrait se mouvoir dans un fautueil dans la vie de tous les jours. une situation à accepter surtout lorsque l’on est un enfant. Il fallait donc se battre dès le plus jeune âge contre les clichés entourant son handicap. Mais surtout acquérir plus d’autonomie et ainsi se libérer de sa condition de personne handicapée. Ce qu’elle a réussi à faire grâce à l’activité physique, et notamment le rugby-fauteuil. Un sport qu’elle a débuté après la fin de ses études car elle avait besoin d’avoir de quelque chose à côté de son travail. Durant une dizaine d’années, Orane va s’épanouir dans l’univers du rugby-fauteuil au sein de l’Asm Omnisports. Et en décembre dernier, à l’occasion de la Women’s Cup organisée à la Halle Carpentier (Paris 13e), elle a pris part à cette compétition au sein d’une équipe de France 100% féminine. Une première qui pourrait en appeler d’autres. Et pourquoi pas voir un jour le rugby-fauteuil féminin aux Jeux Paralympiques.

En décembre dernier, Orane Brouillet a participé à la Women’s cup 2024 organisée à la Halle Carpentie (Paris 13e). À cette occasion, l’équipe de France avait réussi à mettre sur pied une sélection nationale en l’espace de quelques mois. Au final, le résultat a été plus qu’espéré puisque les Bleues n’ont échoué qu’en petite finale face à la Grande-Bretagne.

 « On a manqué un peu de lucidité contre les Britanniques. Sans doute parce que l’on a trop peu de vécu ensemble. Avant ce tournoi, on avait effectué qu’un seul entraînement. Certes, c’est peu mais on a réussi à prouver au fil des rencontres qu’on avait bien notre place dans ce tournoi. La preuve, en petite finale, on a joué un match de très haut niveau face à la Grande-Bretagne. Cela prouve qu’avec un peu de travail en commun, on pourra encore faire mieux sur les prochaines compétitions », nous confiait-elle, à l’issue de ce tournoi parisien.

Touchée par une paralysie cérébrale à la maissance

À première vue, on pourrait se dire qu’Orane semble épanouie dans le monde du rugby-fauteuil. Cependant, la jeune femme a fait preuve de beaucoup de résilience. Née avec une paralysie cérébrale à l’âge de six mois et demi, à cause d’un manque d’oxygène qui a détruit les zones motrices de son cerveau, la jeune femme a vite pris conscience que l’ensemble de son corps allait être touché. Par conséquent, elle devrait se mouvoir dans un fauteuil dans la vie de tous les jours. Désormais, il fallait vivre avec ce handicap de naissance.

Orane Brouillet aura dû se battre contre tous les aprioris entourant son handicap pour réussir dans ses études. « J’ai été obligée de passer un test de QI pour être certaine de pouvoir faire mes études normalement comme les autres. Je trouve scandaleux que l’école ne soit pas accessible à tous. Bien évidemment, le regard des autres a été difficile à accepter, et notamment celui des enfants qui me dévvisageaient et me montraient du doigt à cause de ma maladie », raconte-t-elle.

Finalement,, elle a réussi à décrocher son diplôme d’ingénieur en informatique. Par la suite, Orane va travailler durant quelques années avant de démissionner pour se consacrer à sa passion de toujours : l’écriture. Aujourd’hui, elle bosse pour l’Association Trait d’union Auvergne handis en tant que rédactrice web. Et dans tout cela, le sport a quelle place dans sa vie?

Le rugby-fauteuil comme une évidence

Bien évidemment, l’activité physique a une grande place dans son existence mais une rencontre marquante avec Ryadh Salem va changer le cours de sa vie de sportive. « J’ai suivi ses exploits lors des Jeux Paralympiques de Londres en 2012. Ensuite, je l’ai rencontré et J’ai vu qu’il avait la même énergie et la même détermination que moi. Mais lui, il a réussi à aller au bout de ses rêves et à les concrétiser. Je me suis dit que s’il avait pu le faire, je pouvais également y arriver », souligne-t-elle.

Orane a alors décidé de tester cette activité au sein de l’Asm Omnisports. Un essai plus que concluant puisqu’elle a vite pris le virus du rugby-fauteuil. On peut se demander alors pourquoi elle a choisi ce sport et pas un autre. « C’est violent et physique. J’aime les sports de combat ainsi que les sensations fortes. De plus, c’est un sport mixte, ce qui est une chose assez rare dans le monde du handisport. Enfin, lorsque vous êtes une ou deux femmes sur le terrain selon les compétitions, les contacts avec les hommes sont assez marrants car ils se rendent compte que nous savous également rendre les coups«  explique-t-elle dans une vidéo publié sur les réseaux sociaux de l’Asm Omnisports.

Un voeu pieux : voir le rugby-fauteuil féminin aux Jeux

Grâce au rugby-fauteuil, Orane a pu accepter son handicap. « Au fil des saisons, ce sport m’a permis de repousser mes limites sur un terrain mais surtout d’acquérir plus d’autonomie. C’est pour cette raison que j’ai persévéré dans le rugby-fauteuil », avoue-t-elle. Une voie plutôt gagnante puisqu’elle a pu vivre de belles choses en pratiquant cette activité physique. Il ne lui reste plus qu’à espérer voir l’avénement du rugby-fauteuil féminin sur les prochaines paralympiades.

« Oui, j’ai suivi les jeux de Paris 2024. J’ai vibré derrière mon écran et j’ai constaté une telle effervescence autour des Paralympiques. Si on finance notre équipe de France, on pourra ainsi s’entraîner ensemble et ainsi s’installer de plus en plus parmi le gratin mondial du rugby-fauteuil féminin », prévient-elle. Un voeu qui pourrait s’exaucer pour le plus grand bonheur d’Orane Brouillet et ses copines de l’équipe de France. Et pourquoi pas le vivre sur une prochaine paralympiade…

Tiffany Logette court après son rêve paralympique

Portrait. Atteinte d’une rétinite depuis sa naissance, Tiffany Logette a réussi à transformer toute sa colère en quelque chose de fabuleux grâce à l’athlétisme. Multi-médaillée sur la scène nationale, la sportive de 30 ans a eu besoin de temps pour faire le deuil de sa non-sélection pour les Jeux Paralympiques de Paris. Une fois ce moment délicat surmonté, la native de Bar-le-Duc (Meuse) a pu analyser en détails les raisons de cet échec afin de mieux rebondir. Désormais, celle qui entame sa troisième saison à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la oerformance (Insep) souhaite mettre toutes les chances de son côté afin de vivre son rêve américain. Rendez-vous à Los Angeles en 2028 pour espérer la voir décrocher une première médaille paralympique sur le 100m ou le saut en longueur dans la catégorie T11. Le compte à rebours a commencé pour Tiffany Logette…

Se relever d’un échec, ce n’est jamais simple à digérer. Surtout lorsque c’est le projet de toute une vie.  Tiffany Logette a dû traverser cette épreuve pour réussir à se reconstruire après sa non-sélection pour les Jeux Paralympiques de Paris.

« On ne va pas se mentir ! Le fait de ne pas vivre ces Jeux à la maison a été difficile à digérer. Notre égo qui en prend un coup car on n’a pas été retenue pour cette compétition. Lorsque la cérémonie de Jeux Olympiques a eu lieu, un de mes amis voulait savoir si je souhaitais la regarder. J’ai répondu oui car je connais certains athlètes de l’équipe de France et je discutais avec eux. Cependant, pour celle des Paralympiques, je ne voulais en aucun la voir car la blessure était encore trop vive », avoue-t-elle.

Même si on peut se dire que ne pas faire les Jeux, ce n’est pas une fin en soi, comment arrive-t-on à se reconstruire en tant que sportive de haut niveau ? « Certains athlètes prennent des anti-dépresseurs, d’autres font appel à un psychologue pour évacuer cette déconvenue. Pour ma part, j’ai été me ressourcer auprès de ma famille et de mes amis durant tout l’été pour me changer les idées », précise Tiffany Logette.,

Tiffany Logette : « Au début, j’avais beaucoup de colère en moi »

Grâce à l’amour inconditionnel de ses proches, la jeune femme aura pu voir tout le chemin parcouru depuis son plus jeune âge. Atteinte d’une rétinite pigmentaire, elle peut compter sur Erwan Le Rolland pour la guider sur la piste. Et dans la vie de tous les jours, elle peut faire confiance à son fidèle compagnon « Méga » poue la rendre la plus autonome possible. Cependant, il lui aura fallu du temps pour accepter son handicap.

« Au début, j’avais beaucoup de colère en moi. À cette époque, j’étais une élève pas très sympathique avec mes professeurs. Lorsque je revois mes anciens enseignants, je m’excuse encore pour mon attitude », se rappelle-t-elle. Désormais, celle qui a obtenu son baccalauréat professionnel en comptabilité avec une mention européenne puis un BTS assistant-manager doit vivre avec cette maladie. « La pire chose qui me soit arrivée, c’est lac’est le handicap. Je remercie la vie pour m’avoir offert cette épreuve. Sans elle, je n’aurais jamais pu vivre des moments incroyables dans mon existence », relativise-t-elle.

L’athlétisme comme une évidence

Et dans tout cela, qu’en est-il du sport ? Pratiquant la danse classique et moderne entre 4 et 10-11 ans, elle a fait une pause avec l’activité physique pendant de nombreuses années. Et puis, en 2015, elle a décidé de se mettre à l’athlétisme. On peut se demander pourquoi Tiffany a choisi ce sport et pas un autre.

La réponse est toute simple. « Certains ont des prédispositions pour le dessin ou le chant, ou d’autres ont des qualités pour des activités diverses et variées. Moi, je cours vite », explique-t-elle.

Tiffany Logette : « Si je fais de l’athlétisme, c’est pour intégrer l’équipe de France et m’entraîner un jour à l’Insep »

Tiffany se verrait bien en haut de l’affiche. « Lorsque j’ai rencontré mon tout premier entraîneur, je lui ai dit : si je fais de l’athlétisme, c’est pour intégrer l’équipe de France et de m’entraîner un jour à l’Institut national du soirt, de l’expertise et de la performance (Insep) . Et il m’a répondu : on verra bien », raconte-t-elle.

Quelques mois plus tard, son rêve deviendra réalité. « En juillet 2022, j’étais à la recherche d’un guide. Ma coache me dit’ de monter sur Paris car elle a potentiellement trouvé quelqu’un pour moi. J’y vais alors. À ma grande surprise, je rentre à l’Insep en septembre 2022 », se souvient-elle.

À la découverte d’un nouvel environnement pour performer

C’était un tout nouvel environnement à dompter. « La première fois que j’ai passé la porte de l’Insep, j’étais totalement perdue. C’est vrai qu’il est difficile de se repérer dans un endroit aussi grand », avance-t-elle. Finalement, la sportive en situation de handicap, actuellement 16e mondiale sur le 100m et le saut en longueur, a réussi à faire sa place au sein de ce lieu de l’excellence sportive à la française.

La vice-championne de France 2022 du 100m peut compter sur son entraîneur, son fidèle compagnon « Méga » pour ne pas se perdre dans l’Insep. Elle peut également s’appuyer sur la solution intitulée « Virtuoz » qui lui permet d’être autonome au sein du complexe sportif situé dans le bois de Vincennes. Tout est donc réuni pour que Tiffany Logette se transcende sur la piste.

Inspirer les jeunes générations

Surtout que la jeune génération pousse très fort derrière pour lui mordre les mollets. « Forcément, avec l’engouement des Jeux Paralympiques, on voit arriver de nouveaux visages en équipe de France. C’est une bonne nouvelle pour la santé de notre sport. Cependant, il ne faudrait pas qu’elles nous prennent déjà ma place, sourit-elle. Cela peut paraître un peu stressant de se faire dépasser par les jeunes. Mais cela me motive surtout pour rester la meilleure sur la piste. »

Pour le moment, la jeune femme n’a pas de crainte à avoir concernant son statut en équipe de France. L’essentiel semble être ailleurs pour Tiffany Logette. « Ce n’est pas bon pour moi de voir toujours les mêmes personnes et de penser toujours à la même chose. Je cherche un emploi pour me changer les idées », révèle-t-elle.

En attendant, elle intervient au sein des entreprises pour des mises en situation afin de sensibiliser leurs collaborateurs au handicap. Elle se produit également dans des écoles pour  transmettre toute son expertise auprès des jeunes générations.

« Vous dire que tout est possible, ce serait un mensonge. Il fau être en paix avec son handicap. Si vous souhaitez pratiquer une activité physique, il faut y aller à fond. Souvent, votre entourage va vous dire que vous n’y arriverez jamais. S’il vous plaît, ne les écouter pas. Sinon, vous passerez à côté de quelque chose de fantastique. Et puis, si cela ne fonctionne pas, ce n’est pas grave. Au moins, vous autre pu voir de quoi vous êtes capables », témoigne-t-elle.

Rendez-vous à Los angeles en 2028

Pour sa part, Tiffany Logette a eu besoin de temps pour prendre conscience de ses qualités. Grâce à une féroce détermination, la native de Bar-le-Duc (Meuse) a réussi à s’émanciper pour devenir la jeune femme qu’elle est aujourd’hui. Ce qui n’aura pas été une mince à faire.

« Mon entourage me voit toujours comme Tiffany qui a cinq ans et qui mange ses céréales devant la télévision.Et non pas comme une sportive de haut niveau. Mes parents ne se rendent pas compte que je peux être un rôle-modèle pour de adolescentes. Cependant, mon père en a pris conscience lorsqu’il est venu me voir aux championnats du monde à charléty. Il s’est rendu compte de ce que je pouvais vivre lorsque le public parisien scandait mon nom et que je portais le maillot de l’équipe de France sur cette compétition. Bien évidemment, ils sont fiers de moi et ils regardent les reportages en disant vous voyez, c’est ma fille », constate-t-elle.

Et pourquoi pas désormais la suivre dans ses nouvelles aventures afin de l’accompagner jusqu’aux Jeux Paralympiques de Los Angeles 2028. Dans un peu plus de trois ans, la jeune femme aura eu le temps d’analyser ce qui n’a pas fonctionné en 2024 afin de vivre son rêve américain. Avec l’objectif d’aller chercher sa première médaille paralympique en Californie. Le compte à rebours a commencé pour Tiffany Logette.

Souhad Ghazouani a l’haltérophilie dans la peau

Portrait. Née avec un handicap; Souhad Ghazouani a réussi à tracer un magnifique chemin dans l’univers de l’haltérophilie. Très talentueuse depuis son plus jeune âge dans cette discipline, la sportive en situation de handicap a gravi les échelons pour devenir la meilleure athlète au monde. Sous la tunique de l’équipe de France, Souhad Ghazouani enregistre de nombreuses victoires sur les compétitions majeures. Avec en point d’orgue son titre paralympique obtenu à Londres en 2012. Revenue bredouille de ceux de Paris, la Nordiste âgée de 42 ans pense déjà à Los Angeles 2028 pour finir sa carrière en aopthéose.

Soulever de la fonte, une passion qui va à jamais lui changer le cours de sa vie. Née avec un handicap, Souhad Ghazouani trouve le moyen d’avoir une certaine force de caractère. Paralysée des deux jambes en raison d’une malformation de la colonne vertébrale, soit un spina bifida, la sportive en situation de handicap doit tout faire à la force de ses bras dansson fauteuil. Finalement, c’est grâce au sport qu’elle va réussir à s’émanciper.

Dès l’âge de six ans, Souhad Ghazouani fait ses premiers pas dans l’haltérophilie. C’est un éducateur d’un centre spécialisé à Villeneuve-d’Ascq qui la pousse à pratiquer ce sport à cause de son goût de la violence pour se défendre. « Je me suis beaucoup battue avec les garçons, revenant à la maison avec des bleus, des griffes, du sang sur les vêtements. Mais je me défendais plutôt bien. J’en ai cassé des bras », a raconté Ghazouani face au média A Block. A ce moment, elle a réussi à soulever 30 kilos pour sa première barre.

L’haltérophilie comme une évidence

Même si elle a touché à l’athlétisme et au basket-fauteuil, la jeune femme se tourne définitivement vers l’haltérophilie en atteignant notamment 57 kg à 12 ans. « Je ne vois pas ma vie sans mon sport, l’haltérophilie ! Il m’a apporté et m’apporte une plus grande autonomie. Ça aide réellement les personnes en fauteuil dans la gestion de leur quotidien », a-t-elle confié auprès du média Ableock. 

Ayant un talent indéniable à cette discipline paralympique, Souhad Ghazouani endosse le maillot de l’équipe de France à 20 ans afin de briller dans l’élite mondiale. 

Bien évidemment, cette déficience physique ne la freine pas dans son ascension en haltérophilie pour remplir son armoire de prestigieux titres et médailles. « Quand je soulève la barre, les premiers centimètres de poussée sont pour ceux que j’aime. La fin de mon geste est réservée à ceux qui m’ont fait du mal. Je les écrase au plafond, a-t-elle déclaré de façon déterminée à la Voix du Nord. Mon adversaire, c’est la barre. Soit elle m’écrase, soit je la lève », a exprimé l’athlète aux cinq médailles paralympiques.  

Un poids lourd avec un énorme palmarès  

La Française a apposé son nom dans l’élite de l’haltérophilie ! Souhad Ghazouani devient une référence sur la scène mondiale avec des triomphes retentissants. En France, elle détient de nombreux records et des titres nationaux. Dans les compétitions continentales, la sportive en situation de handicap s’empare de sept sacres dans la catégorie – 73 kg. La quarantenaire enchaîne les victoires en obtenant deux titres mondiaux. Sa grande carrière est auréolée par ses six participations aux Jeux Paralympiques depuis 2024. La Nordiste empoche l’or lors des Jeux de Londres avec une barre portée à 146 kg devant la Chinoise Tan Yujiao et la Nigériane Victoria Nneji.  

Ce souvenir s’avère le plus marquant dans sa vie d’athlète de haut niveau. a-t-elle relaté sur le site internet de France Paralympique. Quelle fierté de porter l’or paralympique autour du cou ! C’est d’ailleurs le meilleur souvenir de ma carrière sportive. Je ne peux expliquer ce que j’ai ressenti lorsque la Marseillaise a résonné … c’est quelque chose d’unique dans la vie d’un athlète de haut niveau ». De surcroît, Souhad Ghazouani remporte 5 autres médailles dont deux en argent et 2 en bronze.  

Déjà prête pour Los Angeles 2028

Pour les Jeux Paralympiques de Paris, la licenciée du club de ASPTT Lille Metropole espérait avoir une chance de décrocher une médaille dans la catégorie des –67 g. Ce 6 septembre dernier à l’Arena La Chapelle, ses rêves de victoires se sont envolés. Souhad Ghazouani termine cette finale à la septième place avec une barre soulevée à 106 alors que la championne paralympique Yujiao Tan a brillé avec un record du monde de la catégorie. En effet, la Chinoise a réussi à prendre l’or après avoir surmonté 142 g devant l’Egyptienne Fatma Elyan (139 kg) et la Brésilienne (133 kg). Pour la première fois, Ghazouani ne réussit pas à ramener une médaille aux Paralympiques.

Méforme de la part de la Française. La parasportive avouait son incapacité à effectuer une performance solide afin de chercher une médaille. « Je ne me suis peut-être pas assez entraînée. Je savais que je n’allais rien avoir. Même avec une barre à 129 kg, je n’aurais pas eu la médaille de bronze », a expliqué la Nordiste de 42 ans auprès de France Info. Pour ne pas arranger les choses, elle a participé aux Jeux Paralympiques de Paris avec une hernie discale. Une fois la déception passée, la compétitrice a vite retrouver du poil de la bête en pensant déjà à la prochaine paralympiade qui se déroulera à Los Angeles en 2028. « Si je suis encore vivante, j’y serai », a-t-elle promis. Rendez-vous dans quatre ans…