Orane Brouillet reste au contact des Jeux

Portrait. Née avec une paralysie cérébrale à l’âge de six mois et demi, Orane Brouillet savait que l’ensemble de son corps serait touché et qu’elle devrait se mouvoir dans un fautueil dans la vie de tous les jours. une situation à accepter surtout lorsque l’on est un enfant. Il fallait donc se battre dès le plus jeune âge contre les clichés entourant son handicap. Mais surtout acquérir plus d’autonomie et ainsi se libérer de sa condition de personne handicapée. Ce qu’elle a réussi à faire grâce à l’activité physique, et notamment le rugby-fauteuil. Un sport qu’elle a débuté après la fin de ses études car elle avait besoin d’avoir de quelque chose à côté de son travail. Durant une dizaine d’années, Orane va s’épanouir dans l’univers du rugby-fauteuil au sein de l’Asm Omnisports. Et en décembre dernier, à l’occasion de la Women’s Cup organisée à la Halle Carpentier (Paris 13e), elle a pris part à cette compétition au sein d’une équipe de France 100% féminine. Une première qui pourrait en appeler d’autres. Et pourquoi pas voir un jour le rugby-fauteuil féminin aux Jeux Paralympiques.

En décembre dernier, Orane Brouillet a participé à la Women’s cup 2024 organisée à la Halle Carpentie (Paris 13e). À cette occasion, l’équipe de France avait réussi à mettre sur pied une sélection nationale en l’espace de quelques mois. Au final, le résultat a été plus qu’espéré puisque les Bleues n’ont échoué qu’en petite finale face à la Grande-Bretagne.

 « On a manqué un peu de lucidité contre les Britanniques. Sans doute parce que l’on a trop peu de vécu ensemble. Avant ce tournoi, on avait effectué qu’un seul entraînement. Certes, c’est peu mais on a réussi à prouver au fil des rencontres qu’on avait bien notre place dans ce tournoi. La preuve, en petite finale, on a joué un match de très haut niveau face à la Grande-Bretagne. Cela prouve qu’avec un peu de travail en commun, on pourra encore faire mieux sur les prochaines compétitions », nous confiait-elle, à l’issue de ce tournoi parisien.

Touchée par une paralysie cérébrale à la maissance

À première vue, on pourrait se dire qu’Orane semble épanouie dans le monde du rugby-fauteuil. Cependant, la jeune femme a fait preuve de beaucoup de résilience. Née avec une paralysie cérébrale à l’âge de six mois et demi, à cause d’un manque d’oxygène qui a détruit les zones motrices de son cerveau, la jeune femme a vite pris conscience que l’ensemble de son corps allait être touché. Par conséquent, elle devrait se mouvoir dans un fauteuil dans la vie de tous les jours. Désormais, il fallait vivre avec ce handicap de naissance.

Orane Brouillet aura dû se battre contre tous les aprioris entourant son handicap pour réussir dans ses études. « J’ai été obligée de passer un test de QI pour être certaine de pouvoir faire mes études normalement comme les autres. Je trouve scandaleux que l’école ne soit pas accessible à tous. Bien évidemment, le regard des autres a été difficile à accepter, et notamment celui des enfants qui me dévvisageaient et me montraient du doigt à cause de ma maladie », raconte-t-elle.

Finalement,, elle a réussi à décrocher son diplôme d’ingénieur en informatique. Par la suite, Orane va travailler durant quelques années avant de démissionner pour se consacrer à sa passion de toujours : l’écriture. Aujourd’hui, elle bosse pour l’Association Trait d’union Auvergne handis en tant que rédactrice web. Et dans tout cela, le sport a quelle place dans sa vie?

Le rugby-fauteuil comme une évidence

Bien évidemment, l’activité physique a une grande place dans son existence mais une rencontre marquante avec Ryadh Salem va changer le cours de sa vie de sportive. « J’ai suivi ses exploits lors des Jeux Paralympiques de Londres en 2012. Ensuite, je l’ai rencontré et J’ai vu qu’il avait la même énergie et la même détermination que moi. Mais lui, il a réussi à aller au bout de ses rêves et à les concrétiser. Je me suis dit que s’il avait pu le faire, je pouvais également y arriver », souligne-t-elle.

Orane a alors décidé de tester cette activité au sein de l’Asm Omnisports. Un essai plus que concluant puisqu’elle a vite pris le virus du rugby-fauteuil. On peut se demander alors pourquoi elle a choisi ce sport et pas un autre. « C’est violent et physique. J’aime les sports de combat ainsi que les sensations fortes. De plus, c’est un sport mixte, ce qui est une chose assez rare dans le monde du handisport. Enfin, lorsque vous êtes une ou deux femmes sur le terrain selon les compétitions, les contacts avec les hommes sont assez marrants car ils se rendent compte que nous savous également rendre les coups«  explique-t-elle dans une vidéo publié sur les réseaux sociaux de l’Asm Omnisports.

Un voeu pieux : voir le rugby-fauteuil féminin aux Jeux

Grâce au rugby-fauteuil, Orane a pu accepter son handicap. « Au fil des saisons, ce sport m’a permis de repousser mes limites sur un terrain mais surtout d’acquérir plus d’autonomie. C’est pour cette raison que j’ai persévéré dans le rugby-fauteuil », avoue-t-elle. Une voie plutôt gagnante puisqu’elle a pu vivre de belles choses en pratiquant cette activité physique. Il ne lui reste plus qu’à espérer voir l’avénement du rugby-fauteuil féminin sur les prochaines paralympiades.

« Oui, j’ai suivi les jeux de Paris 2024. J’ai vibré derrière mon écran et j’ai constaté une telle effervescence autour des Paralympiques. Si on finance notre équipe de France, on pourra ainsi s’entraîner ensemble et ainsi s’installer de plus en plus parmi le gratin mondial du rugby-fauteuil féminin », prévient-elle. Un voeu qui pourrait s’exaucer pour le plus grand bonheur d’Orane Brouillet et ses copines de l’équipe de France. Et pourquoi pas le vivre sur une prochaine paralympiade…

Tiffany Logette court après son rêve paralympique

Portrait. Atteinte d’une rétinite depuis sa naissance, Tiffany Logette a réussi à transformer toute sa colère en quelque chose de fabuleux grâce à l’athlétisme. Multi-médaillée sur la scène nationale, la sportive de 30 ans a eu besoin de temps pour faire le deuil de sa non-sélection pour les Jeux Paralympiques de Paris. Une fois ce moment délicat surmonté, la native de Bar-le-Duc (Meuse) a pu analyser en détails les raisons de cet échec afin de mieux rebondir. Désormais, celle qui entame sa troisième saison à l’Institut national du sport, de l’expertise et de la oerformance (Insep) souhaite mettre toutes les chances de son côté afin de vivre son rêve américain. Rendez-vous à Los Angeles en 2028 pour espérer la voir décrocher une première médaille paralympique sur le 100m ou le saut en longueur dans la catégorie T11. Le compte à rebours a commencé pour Tiffany Logette…

Se relever d’un échec, ce n’est jamais simple à digérer. Surtout lorsque c’est le projet de toute une vie.  Tiffany Logette a dû traverser cette épreuve pour réussir à se reconstruire après sa non-sélection pour les Jeux Paralympiques de Paris.

« On ne va pas se mentir ! Le fait de ne pas vivre ces Jeux à la maison a été difficile à digérer. Notre égo qui en prend un coup car on n’a pas été retenue pour cette compétition. Lorsque la cérémonie de Jeux Olympiques a eu lieu, un de mes amis voulait savoir si je souhaitais la regarder. J’ai répondu oui car je connais certains athlètes de l’équipe de France et je discutais avec eux. Cependant, pour celle des Paralympiques, je ne voulais en aucun la voir car la blessure était encore trop vive », avoue-t-elle.

Même si on peut se dire que ne pas faire les Jeux, ce n’est pas une fin en soi, comment arrive-t-on à se reconstruire en tant que sportive de haut niveau ? « Certains athlètes prennent des anti-dépresseurs, d’autres font appel à un psychologue pour évacuer cette déconvenue. Pour ma part, j’ai été me ressourcer auprès de ma famille et de mes amis durant tout l’été pour me changer les idées », précise Tiffany Logette.,

Tiffany Logette : « Au début, j’avais beaucoup de colère en moi »

Grâce à l’amour inconditionnel de ses proches, la jeune femme aura pu voir tout le chemin parcouru depuis son plus jeune âge. Atteinte d’une rétinite pigmentaire, elle peut compter sur Erwan Le Rolland pour la guider sur la piste. Et dans la vie de tous les jours, elle peut faire confiance à son fidèle compagnon « Méga » poue la rendre la plus autonome possible. Cependant, il lui aura fallu du temps pour accepter son handicap.

« Au début, j’avais beaucoup de colère en moi. À cette époque, j’étais une élève pas très sympathique avec mes professeurs. Lorsque je revois mes anciens enseignants, je m’excuse encore pour mon attitude », se rappelle-t-elle. Désormais, celle qui a obtenu son baccalauréat professionnel en comptabilité avec une mention européenne puis un BTS assistant-manager doit vivre avec cette maladie. « La pire chose qui me soit arrivée, c’est lac’est le handicap. Je remercie la vie pour m’avoir offert cette épreuve. Sans elle, je n’aurais jamais pu vivre des moments incroyables dans mon existence », relativise-t-elle.

L’athlétisme comme une évidence

Et dans tout cela, qu’en est-il du sport ? Pratiquant la danse classique et moderne entre 4 et 10-11 ans, elle a fait une pause avec l’activité physique pendant de nombreuses années. Et puis, en 2015, elle a décidé de se mettre à l’athlétisme. On peut se demander pourquoi Tiffany a choisi ce sport et pas un autre.

La réponse est toute simple. « Certains ont des prédispositions pour le dessin ou le chant, ou d’autres ont des qualités pour des activités diverses et variées. Moi, je cours vite », explique-t-elle.

Tiffany Logette : « Si je fais de l’athlétisme, c’est pour intégrer l’équipe de France et m’entraîner un jour à l’Insep »

Tiffany se verrait bien en haut de l’affiche. « Lorsque j’ai rencontré mon tout premier entraîneur, je lui ai dit : si je fais de l’athlétisme, c’est pour intégrer l’équipe de France et de m’entraîner un jour à l’Institut national du soirt, de l’expertise et de la performance (Insep) . Et il m’a répondu : on verra bien », raconte-t-elle.

Quelques mois plus tard, son rêve deviendra réalité. « En juillet 2022, j’étais à la recherche d’un guide. Ma coache me dit’ de monter sur Paris car elle a potentiellement trouvé quelqu’un pour moi. J’y vais alors. À ma grande surprise, je rentre à l’Insep en septembre 2022 », se souvient-elle.

À la découverte d’un nouvel environnement pour performer

C’était un tout nouvel environnement à dompter. « La première fois que j’ai passé la porte de l’Insep, j’étais totalement perdue. C’est vrai qu’il est difficile de se repérer dans un endroit aussi grand », avance-t-elle. Finalement, la sportive en situation de handicap, actuellement 16e mondiale sur le 100m et le saut en longueur, a réussi à faire sa place au sein de ce lieu de l’excellence sportive à la française.

La vice-championne de France 2022 du 100m peut compter sur son entraîneur, son fidèle compagnon « Méga » pour ne pas se perdre dans l’Insep. Elle peut également s’appuyer sur la solution intitulée « Virtuoz » qui lui permet d’être autonome au sein du complexe sportif situé dans le bois de Vincennes. Tout est donc réuni pour que Tiffany Logette se transcende sur la piste.

Inspirer les jeunes générations

Surtout que la jeune génération pousse très fort derrière pour lui mordre les mollets. « Forcément, avec l’engouement des Jeux Paralympiques, on voit arriver de nouveaux visages en équipe de France. C’est une bonne nouvelle pour la santé de notre sport. Cependant, il ne faudrait pas qu’elles nous prennent déjà ma place, sourit-elle. Cela peut paraître un peu stressant de se faire dépasser par les jeunes. Mais cela me motive surtout pour rester la meilleure sur la piste. »

Pour le moment, la jeune femme n’a pas de crainte à avoir concernant son statut en équipe de France. L’essentiel semble être ailleurs pour Tiffany Logette. « Ce n’est pas bon pour moi de voir toujours les mêmes personnes et de penser toujours à la même chose. Je cherche un emploi pour me changer les idées », révèle-t-elle.

En attendant, elle intervient au sein des entreprises pour des mises en situation afin de sensibiliser leurs collaborateurs au handicap. Elle se produit également dans des écoles pour  transmettre toute son expertise auprès des jeunes générations.

« Vous dire que tout est possible, ce serait un mensonge. Il fau être en paix avec son handicap. Si vous souhaitez pratiquer une activité physique, il faut y aller à fond. Souvent, votre entourage va vous dire que vous n’y arriverez jamais. S’il vous plaît, ne les écouter pas. Sinon, vous passerez à côté de quelque chose de fantastique. Et puis, si cela ne fonctionne pas, ce n’est pas grave. Au moins, vous autre pu voir de quoi vous êtes capables », témoigne-t-elle.

Rendez-vous à Los angeles en 2028

Pour sa part, Tiffany Logette a eu besoin de temps pour prendre conscience de ses qualités. Grâce à une féroce détermination, la native de Bar-le-Duc (Meuse) a réussi à s’émanciper pour devenir la jeune femme qu’elle est aujourd’hui. Ce qui n’aura pas été une mince à faire.

« Mon entourage me voit toujours comme Tiffany qui a cinq ans et qui mange ses céréales devant la télévision.Et non pas comme une sportive de haut niveau. Mes parents ne se rendent pas compte que je peux être un rôle-modèle pour de adolescentes. Cependant, mon père en a pris conscience lorsqu’il est venu me voir aux championnats du monde à charléty. Il s’est rendu compte de ce que je pouvais vivre lorsque le public parisien scandait mon nom et que je portais le maillot de l’équipe de France sur cette compétition. Bien évidemment, ils sont fiers de moi et ils regardent les reportages en disant vous voyez, c’est ma fille », constate-t-elle.

Et pourquoi pas désormais la suivre dans ses nouvelles aventures afin de l’accompagner jusqu’aux Jeux Paralympiques de Los Angeles 2028. Dans un peu plus de trois ans, la jeune femme aura eu le temps d’analyser ce qui n’a pas fonctionné en 2024 afin de vivre son rêve américain. Avec l’objectif d’aller chercher sa première médaille paralympique en Californie. Le compte à rebours a commencé pour Tiffany Logette.

Souhad Ghazouani a l’haltérophilie dans la peau

Portrait. Née avec un handicap; Souhad Ghazouani a réussi à tracer un magnifique chemin dans l’univers de l’haltérophilie. Très talentueuse depuis son plus jeune âge dans cette discipline, la sportive en situation de handicap a gravi les échelons pour devenir la meilleure athlète au monde. Sous la tunique de l’équipe de France, Souhad Ghazouani enregistre de nombreuses victoires sur les compétitions majeures. Avec en point d’orgue son titre paralympique obtenu à Londres en 2012. Revenue bredouille de ceux de Paris, la Nordiste âgée de 42 ans pense déjà à Los Angeles 2028 pour finir sa carrière en aopthéose.

Soulever de la fonte, une passion qui va à jamais lui changer le cours de sa vie. Née avec un handicap, Souhad Ghazouani trouve le moyen d’avoir une certaine force de caractère. Paralysée des deux jambes en raison d’une malformation de la colonne vertébrale, soit un spina bifida, la sportive en situation de handicap doit tout faire à la force de ses bras dansson fauteuil. Finalement, c’est grâce au sport qu’elle va réussir à s’émanciper.

Dès l’âge de six ans, Souhad Ghazouani fait ses premiers pas dans l’haltérophilie. C’est un éducateur d’un centre spécialisé à Villeneuve-d’Ascq qui la pousse à pratiquer ce sport à cause de son goût de la violence pour se défendre. « Je me suis beaucoup battue avec les garçons, revenant à la maison avec des bleus, des griffes, du sang sur les vêtements. Mais je me défendais plutôt bien. J’en ai cassé des bras », a raconté Ghazouani face au média A Block. A ce moment, elle a réussi à soulever 30 kilos pour sa première barre.

L’haltérophilie comme une évidence

Même si elle a touché à l’athlétisme et au basket-fauteuil, la jeune femme se tourne définitivement vers l’haltérophilie en atteignant notamment 57 kg à 12 ans. « Je ne vois pas ma vie sans mon sport, l’haltérophilie ! Il m’a apporté et m’apporte une plus grande autonomie. Ça aide réellement les personnes en fauteuil dans la gestion de leur quotidien », a-t-elle confié auprès du média Ableock. 

Ayant un talent indéniable à cette discipline paralympique, Souhad Ghazouani endosse le maillot de l’équipe de France à 20 ans afin de briller dans l’élite mondiale. 

Bien évidemment, cette déficience physique ne la freine pas dans son ascension en haltérophilie pour remplir son armoire de prestigieux titres et médailles. « Quand je soulève la barre, les premiers centimètres de poussée sont pour ceux que j’aime. La fin de mon geste est réservée à ceux qui m’ont fait du mal. Je les écrase au plafond, a-t-elle déclaré de façon déterminée à la Voix du Nord. Mon adversaire, c’est la barre. Soit elle m’écrase, soit je la lève », a exprimé l’athlète aux cinq médailles paralympiques.  

Un poids lourd avec un énorme palmarès  

La Française a apposé son nom dans l’élite de l’haltérophilie ! Souhad Ghazouani devient une référence sur la scène mondiale avec des triomphes retentissants. En France, elle détient de nombreux records et des titres nationaux. Dans les compétitions continentales, la sportive en situation de handicap s’empare de sept sacres dans la catégorie – 73 kg. La quarantenaire enchaîne les victoires en obtenant deux titres mondiaux. Sa grande carrière est auréolée par ses six participations aux Jeux Paralympiques depuis 2024. La Nordiste empoche l’or lors des Jeux de Londres avec une barre portée à 146 kg devant la Chinoise Tan Yujiao et la Nigériane Victoria Nneji.  

Ce souvenir s’avère le plus marquant dans sa vie d’athlète de haut niveau. a-t-elle relaté sur le site internet de France Paralympique. Quelle fierté de porter l’or paralympique autour du cou ! C’est d’ailleurs le meilleur souvenir de ma carrière sportive. Je ne peux expliquer ce que j’ai ressenti lorsque la Marseillaise a résonné … c’est quelque chose d’unique dans la vie d’un athlète de haut niveau ». De surcroît, Souhad Ghazouani remporte 5 autres médailles dont deux en argent et 2 en bronze.  

Déjà prête pour Los Angeles 2028

Pour les Jeux Paralympiques de Paris, la licenciée du club de ASPTT Lille Metropole espérait avoir une chance de décrocher une médaille dans la catégorie des –67 g. Ce 6 septembre dernier à l’Arena La Chapelle, ses rêves de victoires se sont envolés. Souhad Ghazouani termine cette finale à la septième place avec une barre soulevée à 106 alors que la championne paralympique Yujiao Tan a brillé avec un record du monde de la catégorie. En effet, la Chinoise a réussi à prendre l’or après avoir surmonté 142 g devant l’Egyptienne Fatma Elyan (139 kg) et la Brésilienne (133 kg). Pour la première fois, Ghazouani ne réussit pas à ramener une médaille aux Paralympiques.

Méforme de la part de la Française. La parasportive avouait son incapacité à effectuer une performance solide afin de chercher une médaille. « Je ne me suis peut-être pas assez entraînée. Je savais que je n’allais rien avoir. Même avec une barre à 129 kg, je n’aurais pas eu la médaille de bronze », a expliqué la Nordiste de 42 ans auprès de France Info. Pour ne pas arranger les choses, elle a participé aux Jeux Paralympiques de Paris avec une hernie discale. Une fois la déception passée, la compétitrice a vite retrouver du poil de la bête en pensant déjà à la prochaine paralympiade qui se déroulera à Los Angeles en 2028. « Si je suis encore vivante, j’y serai », a-t-elle promis. Rendez-vous dans quatre ans…

Chiara Zenati galope vers ses deuxièmes Jeux Paralympiques 

Portrait. Avec Chiara Zenati, on plonge dans le monde équestre.À seulement 21 ans, la para-cavalière disputera déjà à Paris ses deuxièmes Jeux Paralympiques. Hémiplégique depuis sa naissance, la native de Seine-Saint-Denis trouve son chemin en tombant amoureuse de l’équitation. Chiara Zenati pratique cette discipline depuis ses six ans et découvre la compétition handisport quelques années après. Spécialiste du dressage en ayant des aptitudes d’effectuer des figues ou des mouvements avec son cheval avec maîtrise et équilibre. Intégrant rapidement l’équipe de France, la sportive en situation de handicap progresse avec deux titres de championne de France et des succès à l’international. Après une première expérience paralympique avec son cheval Swing Royal à Tokyo, Chiara Zenati se donne les moyens de réussir pour Paris. Se préparant pour les Paralympiades de Paris, la jeune femme se fixe l’objectif de gagner une médaille.

Tout comme un symbole ! le 26 juillet dernier, Chiara Zenati a eu le bonheur de porter la flamme olympique lors de son passage en Seine-Saint-Denis. Une belle occasion pour la para-cavalière âgée de 21 ans de sentir cet engouement autour de ces Jeux. À elle maintenant d’écrire l’une des plus belles pages de son histoire.

Dès sa naissance, Chiara Zenati devait se familiariser avec son handicap dans sa vie de tous les jours. Atteinte d’une hémiplégie du côté droit à la suite d’un accident vasculaire cérébral, la native du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) a réussi à dépasser les montagnes grâce au sport. La jeune femme s’est d’abord essayé au basket avec un certain talent.

« Quand j’étais au collège, j’ai fait des compétitions scolaires en basket, ce qui rendait parfois certains élèves un peu jaloux parce que j’arrivais à maîtriser le ballon uniquement avec la main droite », a révélé Chiara Zenati dans un entretien accordé à Ouest-France.  

L’équitation comme une évidence

Aimant aussi l’escalade, la jeune sportive en situation de handicap de 21 ans dédie finalement son temps à l’équitation. Cette discipline lui a permis de mettre en évidence sa passion pour le cheval. « Ce sport me permettait de combiner mon goût pour l’exercice physique et mon amour pour les animaux », a-t-elle affirmé sur le site officiel du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire.

La jeune femme plonge alors dans le monde équestre dès l’âge de six ans en compagnie d’enfants valides. Grandissant à Drancy, elle s’entraîne au centre équestre de La Courneuve. Chiara Zenati se distingue dans le dressage, discipline équestre c onsistant aux cavalières à effectuer des mouvements et des figures en guidant le cheval sur différentes allures au pas, au trot ou au galop.  

Cette épreuve équestre s’avère une véritable plus-value pour Chiara qui met en évidence son talent malgré son handicap. La para-cavalière assume sa déficience physique tout en étant en contact avec son cheval de compétition, Swing Royal. « C’est plus facile d’accepter son handicap avec un animal qu’avec le regard des gens. », a-t-elle avoué auprès de Ouest-France. En coucours, Chiara Zenati se révèle comme une très bonne cavalière et présente de bons résultats au sein de l’élite équestre.  

Chiara Zenati, une athlète accomplie sur la scène internationale  

La para-cavalière de dressage en Grade 3, l’une des cinq catégories de handicap qui incopre les athlètes ayant une déficience au niveau de l’équilibre du tronc, doit faire des reprises et mouvements obligatoires au pas et au trot. Le galop est peut-être utilisé sur des figures libres. La native de Seine-Saint-Denis s’affirme dans le monde du dressage.

Athlète de haut niveau depuis 2017, elle décroche deux titres de championne de France (2018 et 2019) en compagnie de son premier cheval Summerhill Boy. Sans oublier ses deux médailles européennes en montant Swing Royal. Très performante, Zenati continue à impressionner jusqu’ à être sélectionnée pour les Jeux Paralympiques de Tokyo.  

Lors de la dernière paralympiade au pays du Soleil Levant, la jeune femme délivre une performance honorable, avec à la clé une belle huitième place en individuel, et une sixième position par équipes. « Faire les Jeux à 18 ans, ce n’est pas donné à tout le monde même si je n’ai pas eu de médailles, ça restera toujours ma première belle expérience », a livré Chiara Zenati sur le site du ministère de l’Agriculture de la Souveraineté alimentaire. Depuis Tokyo, elle a continué sa folle progression avec huit compétitions internationales remportées en compagnie de Swing Royal. La sportive en situation de handicap se plonge dans une longue préparation afin d’être en forme optimale pour les Jeux de Paris. 

Les Jeux de Paris en ligne de mire

« Mon grand rêve pour Paris, ramener une médaille » a annoncé Chiara Zenati auprès de Paralympic Games l Ce qui serait une consécration pour la sportive en situation de handicap âgée seulement de 21 ans. À Paris, elle ura le privilège de concourir au Château de Versailles, comme les valides il y a quelques semaines. La native de Seine-Saint-Denis peut ainsi nourrir de grands sur cette paralympiade. espoirs

Cependant, pour préparer au mieux cet événement planétaire, elle devait se forger à la concurrence sur le circuit du CPEDI*3 pour voir où elle en était. Classée quatrième mondiale en Grade 3, Chiara Zenati a réussi à prendre deux deuxièmes places lors du concours de Fontainebleau, avril dernier. Elle a décroché une belle victoire en individuel A et en concours libre au Grand Prix de Stadl-Paura. À Hagen. Sans oublier ses trois podiums, dont une victoire en individuel B. Le couple Zenati/Swing Royal finit deuxième dans l’épreuve libre sur le parcours néerlandais de Derne. De bon augure pour Paris 2024.

La para-cavalière en dressage semble prête pour vivre ces Jeux à la maison même si elle pense déjà un peu à sa reconversion. Détentrice d’un diplôme d’animatrice d’équitation, elle souhaite obtenir son Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (BPJEPS) afin de rendre l’équitation accessible aux personnes en situation de handicap. À son allure, Chiara Zenati se donne les moyens pour être heureuse dans le monde équestre en rêvant de briller avec une médaille aux Jeux sous le drapeau français. 

Lou Méchiche : « On peut m’aimer avec mon handicap »

Portrait. Quelle fierté pour Lou Méchiche. Le 23 mai dernier, la parasurefeuse a eu le bonheur de porter la flamme olympique dans les rues de Bordeaux. Tout un symbole pour la jeune femme âgée seulement de 18 ans. Perdant la vue durant son enfance à cause d’une tumeur cérébrale, la Girondine a dû faire face à une sorte de discrimination par rapport à sa singularité et qui a mis en doute son amour de soi à l’adolescence. Grâce au soutien de ses proches, elle a réiussi à assumer son handicap via le sport avec des résultats très convaincants. Avec un titre mondial par équipes et une médaille de bronze en individuel, Lou Méchiche rêve d’une meilleure reconnaissance pour le parasurf. Car, pour le moment, cette discipline n’est pas encore considérée comme une épreuve paralympique. Et cela ne risque pas de changer puisque le Comité d’organisation de Los Angeles 2028 a décidé de ne pas intégrer le parasurf au programme de cette paralympiade américaine. Le combat n’est pas prêt de s’arrêter de si tôt pour Lou Méchiche…

« Si on avait dit à la petite fille en chimiothérapie et malvoyante que j’étais, « un jour tu vas porter la flamme olympique », je n’y aurais pas cru », avait-elle indiqué sur le site internet d’Actu£.fr. Un rêve qui est devenu réalité pour Lou Méchiche. Le 23 mai dernier, la surfeuse en situation de handicap a eu l’honneur et le privilège de porter le feu sacré à Bordeaux.

Tout un symbole pour la Girondine âgée de 18 ans ! Car sa vie aurait pu basculer alors qu’elle était tout bébé. À l’âge de deux ans, elle a fait face à une tumeur cérébrale. La conséquence ? Elle a perdu la vue. Derrière, elle va devoir accepter son handicap, se construire avec cette singularité mais surtout en faire une force. Finalement, elle va réussir à trouver son épanouissement lorsqu’elle se met à l’rau avec sa planche de surf.

« Après ma chimiothérapie, les médecins m’ont autorisé à aller à l’eau. Pour moi, c’est un souvenir marquant parce qu’on m’a donné une liberté à pratiquer du sport »,, se remémore Lou Méchiche. Au début, c’est son grand frère qui lui a donné l’envie de prendre une planche afin de se confronter à l’univers aquatique. Mais elle a grandi avec ses idoles. « Dans le monde du surf, j’admire Vahine Fierro, Johannes Defay, Justine Dupont et Kelly Slater qui sont vraiment mes modèles », nous confie-t-elle.

Être malvoyante sur une planche, c’est dur ? Lou Méchiche décrit sa discipline qui possède des ressemblances par rapport à la pratique des valides. Il faut avoir de l’équilibre sur la planche pour prendre parfaitement les vagues. « Quand je surfe, je suis accompagnée par un guide qui me décrit le mouvement des vagues en temps réel. Lors des compétitions, il est interdit d’avoir des contacts physiques durant le passage à l’eau », détaille-t-elle.

Lou Méchiche brille déjà sous le maillot bleu

À peine majeure, Lou Méchiche crève déjà l’écran avec des performances de haut niveau. La jeune parasurfeuse a fait des siennes à l’international sous la tunique de l’équipe de France. La Girondine a remporté l’or par équipes lors des Mondiaux 2023 en Californie (États-Unis).

« C’était une grande fierté pour moi de décrocher ce titre mondial avec l’équipe de Fra,ce. Entendre la Marseille en Californie, avec la médaille d’or autour du cou restera un moment inoubliable. Sur la plus haute marche du podium, on avait à coeur de montrer notre joie de représenter notre pays », raconte-t-elle avec une certaine émotion.

Même si elle a obtenu la consécration sur l’épreuve par équipes, Lou Méchiche a connu des fortunes diverses en individuel. La Française restait sur une cinquième place frustrante en 2022. Elle voulait à tout prix prendre sa revanche dès l’année suivante. « Face à cette déception, je me suis promise d’aller sur le podium. J’étais donc très heureuse d’avoir accompli mon objectif. C’est moment très marquant pour moi », révèle-t-elle. C’est chose faite puisqu’elle décrochera une belle médaille de bronze en Californie.

Faire la différence grâce à sa singularité

Avant de truster les podiums grâce à sa planche de surf, Lou Méchiche a traversé une période difficile à cause du regard des autres. « Mon handicap a été dur à porter durant mes années au collège et au lycée. Ce sont les autres qui ont remarqué ma différence pour dire que je n’étais pas comme eux. Ce n’était pas normal de ne pas être comme tout le monde. J’ai très mal vécu ces moments et je me disais finalement ce qu’on peut m’aimer avec mon handicap », s’en explique-t-elle.

Il lui aura fallu du temps pour surmonter cette épreuve. Pour y parvenir, elle aura pu comptere sur ses proches. Mais une personne sort du lot dans cette période délicate . Bien évidemment, il s’agir de son chien-guide Pita  qui l’accompagne désormais partout. Lou Méchiche est alors armée pour vivre sa vie pleinement.

Lou Méchiche : « Je trouve que l’on se focalise que sur les Jeux Olympiques et pas assez sur les Paralympiques »

Malgré le fait de perdre la vue, rien n’est impossible pour la parasurfeuse. En tant que conférencière, elle veut, à travers son parcours, sensibiliser autour du handicap. « Selon moi, on devrait tous comprendre que c’est une richesse de vivre avec la différence des autres. Je fais beaucoup d’interventions en maternelle et même dans les entreprises en tant que conférencière. Je tente au maximum de parler des différences dans notre société », avance-t-elle.

Même si la jeune femme réalise de nombreuses sensibilisations autour de la différence, elle espère que les mentalités évoluent autour des Jeux Paralympiques en France. « Je trouve que l’on se focalise que sur les Jeux Olympiques et pas assez sur les Paralympiques alors que les deux doivent être sur le même pied d’égalité. On a autant de mérite que les athlètes valides. Quand les gens regardent les Jeux Paralympiques, ils ressentent de la peine. C’est dommage car cela ne devrait pas être le cas », constate-t-elle.

Le seul regret pour Lou Méchiche concerne le regard très empathique sur les sportifs sans avoir une véritable admiration sur leur performance. « A notre arrivée en France, c’est frustrant quand on constate que personne de l’Elysée nous a félicités. On a tout de même représenté la France avec ce titre mondial par équipe. On voulait que la nation soit fière de leurs sportifs tricolores », s’étonne-t-elle.

Si on souhaite mettre en valeur ces sportives au parcours de vie hors du commun, faudrait-il encore développer cette pratique afind’avoir plus de considération pour ce sport. «C’est à nous; athlètes, de développer la discipline avec envie et détermination. Et je rêverai que le parasurf soit vu à la télé au même titre que le football », espère-t-elle. Malheureusement, le rêve ne sera pas pour tout de suite puisque le Comité d’organisation des Jeux de Los Angeles 2028 a décidé que le parasurf ne serait pas au programme de cette paralympiade américaine. Le combat continue pour Lou Méchiche…

Lynda Medjaheri : « L’amputation a été une sorte de renaissance »

Portrait. Victime d’un grave accident de moto, Lynda Medjaheri a vu basculer sa vie en 2014. Amputée de la jambe gauche, c’est d’une deuxième qui commence pour elle. Et le sport aura été salutaire dans sa rééducation. À ce moment-là, la jeune femme, qui fêteraz ses quarante-trois ans à l’automne prochain, a découvert le volley assis. Le début d’une veritable histoire d’amour avec cette discipline. Depuis, elle a franchi les étapes les unes après les autres pour aujourd’hui être en « quipe de France et prétendre à une sélection pour les Jeux Paralympiques de Paris. Même si la Française rêve bien évidemment de médailles en France devant ses proches et ses amis, ce qui serait une première pour les Françaises, l’essentiel est peut-être ailleurs pour Lynda Medjaheri . Très impliquée dans le handicap, elle ne cesse de sensibiliser les jeunes et leurs parents au volley assis, un sport accessible à tous peu importe sa condition, afin de tordre le cou aux préjugés autour de cette pratique sportive. Avec une telle ambassadrice, ce sport à de beaux jours devant lui…

Il y a encore quelques jours, l’équipe de France de volley-assis participait au Women’s Super 6 à Nancy. Un bon moyen de se jauger face aux Etats-Unis, à la Chine, à l’Italie, et au Canada,, considérées comme les meilleures nations mondiales de la discipline. À cette occasion, les Bleues ont terminé sixièmes de ce tournoi remporté par les Américaines. Un résultat encourageant à quelques semaines des Jeux Paralympiques de Paris pour Lynda Medjaheri et ses partenaires de l’équipe de France de volley assis.

Avant de songer à Paris et la possibilité d’aller décrocher une médaille paralympique devant ses proches et ses amis, la jeune femme, qui fêtera ses quarante-trois ans à l’automne prochain, a dû franchir de nombreuses étapes dans sa vie afin de se donner le droit de rêver.

Le début d’une seconde vie pour Lynda Medjaheri

Victime d’un violent accident de moto, sa vie a basculé en 2014. Lynda Medjaheri va devoir se préparer à vivre désormais des moments difficiles. Avant son amputation de sa jambe gauche, elle a dû subir une trentaine d’opérations chirurgicales. .

« Le plus compliqué, c’était d’accepter l’accident et surtout la perte de ma jambe. L’amputation a été une sorte de renaissance », nous confie celle qui a ouvert un groupe Facebook pour femmes amputées afin de discuter, d’échanger des conseils et se donner des conseils sur les problématiques du quotidien. C’est forcément une seconde vie qui débute pour Lynda Medjaheri.

Lynda Medjaheri : « Le volley assis m’a pas forcément aidé à accepter mon handicap »

Lors de son passage en centre de rééducation, Lynda espère Trouver un sport adéquat à ses envies ! la jeune femme va s’essayer au basket-fauteuil et au rugby-fauteuil. Finalement, la sportive en situation de handicap a jeté son dévolu sur le volley assis grâce à une amie proche.

« Quand on m’a proposé de pratiquer le volley assis, je me suis dit : ce n’est pas la peine si c’est en fauteuil roulant. On m’a dit qu’il n’y a pas de fauteuil roulant dans ce sport. Cela m’a plu car le handicap ne se voit pas, même se distingue plus dans le jeu », a-t-elle raconté.  

Une fois les apprioris levés, Lynda a pu constater que cette activité physique avait eu des effets positifs sans sa vie. « Le volley assis m’a pas forcément aidé à accepter mon handicap mais me permet de construire une deuxième vie et de penser autrement sur ma capacité à apprendre et réapprendre sur ce que je suis capable de faire. Le handicap ne n’est pas la joie mais il faut faire avec », a-t-elle reconnu. 

Le volley assis, le sport idéal pour Lynda

Maintenant, il ne lui restait plus qu’à comprendre les codes de ce sport. « Comme je n’ai jamais pratiqué le volley avant, je ne connaissais pas les règles. J’étais novice sur le déplacement dans le jeu et concernant le contact avec le ballon, il fallait que j’apprenne tous les fondamentaux de la discipline. Au départ, c’était difficile d’enregistrer toutes les informations pour jouer », a livré l’internationale française.  

Une fois les règles du jeu assimilées, Lynda s’attendait à pratiquer un sport exigeante où il faut être très en forme physique avec des déplacements en utilisant ses bras, ses jambes et même les fesses. Mais surtout, elle allait devoir se battre contre tous les stéréotypes et les clichés qui gravitent autour du volley assis.

Un sport décrié par le monde du volley

En effet, cette discipline paralympique soulève des interrogations sur le fait que les athlètes en situation de handicap jouent sur le sol. L’aspect dégradant semble déranger certaines personnes.

« Effectivement, j’effectue des coups de balais et de serpillières sur le sol. En plus, je suis une véritable maniaque de la propreté. Le volley assis, une discipline dégradante, pas forcément. C’est vrai qu’on se présente à même le sol. Les gens pensent qu’il y a un aspect humiliant. Après avoir passé ce stade-là, le volley assis se pratique naturellement comme une discipline à part entière », a déclaré la joueuse.

Alors que la pratique est accessible à tous, certains valides sont très refermés pour jouer car ils pourraient se sentir rabaissés ou humiliés d’après une petite anecdote fournie par Lynda Medjaheri. « Une nouvelle joueuse, qui est venue renforcer l’équipe de France, voulait que son mari découvre le volley assis. Cependant, il ne voulait pas se mettre dans une position de personne en situation de handicap ». 

Lynda Medjaheri : « Les parents ne l’ont pas forcément appris, l’école doit être un moyen pour changer les mentalités vis-à-vis du handicap dans le sport »

Pour combattre ces préjugés autour du volley assis, comme sport accessible à tous peu importe sa condition, Lynda Medjaheri effectue beaucoup d’interventions pour faire découvrir son sport de prédilection. Elle adore participer à ses nombreuses initiatives pour monter qu’on peut s’épanouir dans le sport face au handicap. « Je trouve joyeux de pratiquer le volley assis de manière inclusive. Aller montrer mon sport dans des centres de rééducation, c’est un pur bonheur. Cette dimension qui s’oriente au volley santé car on y trouve des gens âgés qui ne peuvent pas se déplacer. De savoir qu’ils peuvent transpirer juste en levant les bras. Faire découvrir ma discipline, c’est primordial », a affirmé l’internationale française dans son rôle éducatif auprès du public.  

Mais comme elle le sait, tout commence à l’école. « Les parents ne l’ont pas forcément appris, l’école doit être un moyen pour changer les mentalités vis-à-vis du handicap dans le sport. On a la mission d’éduquer les enfants actuels. Ces derniers seront des adultes qui apprendront à leur propre enfant d’avoir une bonne approche concernant le handicap. Tomber dans le handicap peut intervenir à n’importe qui et à tout âge ». a-t-elle souligné. Il y a certaines familles qui tournent le dos à un proche qui a subi un accident de vie. D’apprendre qu’on est capable d’accomplir des choses incroyables en étant en situation de handicap, je pense qu’il a une sorte de fierté. C’est à partir de ce moment-là que le sentiment d’être un fardeau pour les autres, se dissipera au fur et à mesure ». Désormais, elle peut se concentrer sur l’objectif de toute une vie pour une sportive de haut niveau : performer aux Jeux Paralympiques de Paris.

Paris 2024 en ligne de mire

Lynda se prépare à cet événement de grande envergure avec la France. Elle fait en sorte de ne pas se mettre la pression. « Je vis un jour après l’autre en préparant quelque chose d’important. Je me conditionne physiquement et mentalement. Souvent, je fais semblant de ne pas y croire aux Jeux afin de ne pas me mettre une énorme pression sur mes épaules. Honnêtement, si je ne suis pas sélectionnée, je ne me mets pas dans le camp des déçues. En cas de non-participation aux Jeux, ça ne m’empêchera pas de continuer le volley assis », a-t-elle avoué.

être aux Jeux de Paris, la sportive en situation de handicap aura à cpeur de montrer un beau visage durant ce tournoi paralympique avec ses partenaires de l’équipe de France de volley assis. « On a tout donné lors des Paralympiades, c’est clair, a affirmé l’internationale française. Néanmoins, il faut avoir la lucidité de notre retard sur les autres nations qui ont plus de 10 ans de pratique dans la discipline. D’ailleurs, elles sont pour certaines professionnelles alors que nous, on ne gagne pas d’argent avec notre sport. Face à nos cinq ans d’expérience, on se débrouille comme on peut pour progresser à notre échelle », a-t-elle constaté. ‘PLa sportive en situation de handicap et ses coéquipières espèrent montrer un beau visage pour ce tournoi paralympique. « On a tout donné lors des Paralympiades, c’est clair, a affirmé l’internationale française. Néanmoins, il faut avoir la lucidité de notre retard sur les autres nations qui ont plus de 10 ans de pratique dans la discipline. D’ailleurs, elles sont pour certaines professionnelles alors que nous, on ne gagne pas d’argent avec notre sport. Face à nos cinq ans d’expérience, on se débrouille comme on peut pour progresser à notre échelle », a-t-elle constaté.

Une progression qui pourrait se concrétiser par une médaille paralympique, cet été à Paris. Ce qui serait magnifique pour le volley assis français, vingt ans après l’apparition de cette épreuve féminine aux Jeux Paralympiques d’Athènes en Grèce. Lynda Medjaheri et les Bleues pourraient être ainsi à jamais les premières…